Tarte aux pommes hollandaise

Par  Harold Snyder, Société des Amis Canada-France, Ottawa, Ontario, CANADA

Ingrédients pour 6 personnes

Tarte

1

abaisse de pâte à tarte
 5 ou 6

pommes pour la cuisson, selon la grosseur 

Mélange pour le recouvrement

55 g ¼ de tasse sucre blanc
 
170 g
¾ de tasse
cassonnade
  30 ml
2 cuillerées à soupe farine
2 ml ½ cuillerée à dessert cannelle
37 ml 2 ½ cuillerée à soupe beurre
30 ml 2 cuillerées à soupe crème sûre

Procédure

  1. Préparer 1 abaisse de pâte à tarte ou en utiliser  une toute prête, au choix.
  2. Peler et évider 5 ou 6 pommes pour cuisson et couper chacune en 6 ou 8 tranches, selon la dimension de la pomme.
  3. Placer les pommes sur l’abaisse que vous aurez placée dans une assiette à tarte, en partant des rebords pour avancer progressivement vers le centre de l’assiette. Les tranches de pommes devraient se toucher les unes aux autres.
  4. Continuer à placer des pommes jusqu’à ce que l’abaisse soit entièrement recouverte d’une couche de pommes. (De préférence, on tournera vers le haut la partie ronde de chaque tranche de pommmes.) 
  5. Pour le recouvrement: Mélanger les 5 ingrédients dans l’ordre donné.
  6. Répandre le mélange sur les pommes. .
  7. Badigeonner ensuite les pommes avec la crème sûre. 
  8. Faire cuire à découvert pendant 15 minutes at 400 °F (205 °C); ensuite, faire cuire à  350 °F (175 °C) pendant 30 minutes, ou jusqu’à ce que les pommes soient bien cuites et que le mélange ait pris une coloration d’un brun doré. 

Variation :

Certaines personnes pourront préférer faire appel à la méthode qui suit : Mélanger les 3 premiers ingrédients prévus pour le recouvrement de la tarte et répandre ce mélange sur les pommes. Ensuite,  badigeonner les pommes de beurre et de crème sûre ; puis saupoudrer la cannelle sur le tout. (C’est la méthode que l’auteur préfère.)

Commentaires gourmands ou historiques

La tarte aux pommes hollandaise est une recette réputée que l’on identifie au comté de Waterloo, soit la région ontarienne où ont immigré des Mennonites.

Les tartes aux pommes dites hollandaises que l’on sert aujourd’hui dans les restaurants sont un ersatz de cette tarte - une imitation plus ou moins réussie.

Une explication historique doit donc accompagner cette recette.

Les Hollandais de la Pennsylvanie ne sont pas vraiment des Hollandais mais des Allemands. Ils proviennent principalement de Bavière et quelques-uns sont de la Suisse allemande. Ils ont émigrés en Amérique et se sont installés dans le comté de Lancaster, Pennsylvanie, sur des terres que les premiers Mennonites ont acheté de William Penn.

Trois explications différentes ont été mises de l’avant, selon l’auteur, pour justifier qu’aux États-Unis (alors une colonie britannique) on ait identifié ces immigrants comme des Hollandais de la Pennsylvanie.
  1. Le terme Deutsch, signifiant Allemand, n’a pas été compris par les locuteurs de langue anglaise des États-Unis et ceux-là ne sachant pas le lire ou le prononcer, l’ont transformé à Dutch.
  2. Les premiers habitants de New York (la Nouvelle Amsterdam) étaient des Hollandais. Pour les locuteurs de langue anglaise en Amérique, la langue des Allemands de la Pennsylvanie et la languée parlée par les colons hollandais de la Nouvelle Amsterdam étaient semblables. On a tiré la conclusion qu’elles devaient être une seule et même langue, soit le hollandais.
  3. Les Mennonites, qui sont venus de la Bavière, ont habité durant 2 ou 3 ans en Hollande durant l’attente de leur droit de passage vers l’Amérique. Ces immigrants ayant effectué leur passage vers l’Amérique à partir de la Hollande, les locuteurs de langue anglaise aux États-Unis les ont donc perçus comme des immigrants hollandais.
D’où provient de la sorte cette appellation de Hollandais de la Pennsylvanie.

Ces immigrants sont arrivés en Pennsylvania au début des années 1700. Les premiers Mennonites qui sont venus s’établir dans le comté de Waterloo, en Ontario, au début des années 1800, sont identifiés en général comme des Hollandais de la Pennsylvanie. En réalité, ils étaient et sont encore des Allemands de la Pennsylvanie. Ainsi, le titre donné à cette tarte constitue  également une fausse appellation. Ne cherchant pas à corriger l’histoire, l’auteur accepte le titre mal approprié qui lui a été attribué.
Pour ce qui est du deuxième titre fréquemment employé pour désigner la même recette, Tarte Schnitz, il vient aussi de l’allemand, soit du patois de l’allemand employé par les Mennonites. Le terme Schnitz représente une tranche ou section de tarte et le pluriel de ce terme est Schnutz. Dès lors, on pourra se demander, selon l’auteur, pourquoi une tarte qui est recouverte de plusieurs tranches ou sections de pommes a pris le titre Tarte Schnitz plutôt que Tarte Schnutz. Ignorant la réponse à cette question complexe, il suggère, avec un brin d’humour, qu’on pourrait songer à faire une thèse de doctorat sur la question.