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CATHERINE BRIAT



Tourisme dans le Perche.


La conférence.

    Le Perche est une région historique et politique qui a déjà été une ancienne province et aussi un comté de France (créé en 1115). Avant la Révolution française, le Perche faisait partie de la province de la Normandie. Lors de la Révolution française, le Perche a été scindé entre différents départements (Loir-et-Cher, L’Eure-et-Loir, Sarthe, Orne et une petite partie de l’Eure). C’est de fait la création du Parc naturel régional du Perche en 1998 qui a permis à la région de réaffirmer une certaine identité régionale et culturelle, dans une partie de son ancien territoire historique.

    Nous connaissons généralement la région du Perche pour son élevage du cheval de trait robuste et emblématique, Le Percheron. Durant les années 1900 et jusqu’à la Première guerre mondiale, le cheval percheron était exporté vers des marchés internationaux. On a évalué qu’à la veille de cette Première guerre, environ dix mille chevaux percherons, réputés pour leur force, étaient livrés aux États-Unis chaque année. La guerre et l’arrivée du tracteur ont mis fin à ce commerce et par la même occasion ont aussi mis fin à des centaines d’exploitations agricoles dans le Perche. En outre, durant les années 1970, le Perche a été un oublié du secteur du tourisme devant la popularité d’autres centres modernes, comme Deauville. Un mouvement s’est développé toutefois à la fin des années 1970 ayant pour objectif de protéger le patrimoine bâti et forestier et promouvoir la localité dans la région, ainsi que ses artisans et son agriculture locale en fonction d’un tourisme à renouveler.

   La région connaît aujourd’hui un regain d’intérêt à la fois chez les Parisiens qui cherchent à fuir, à deux heures de route en direction ouest, le stress quotidien de la capitale mais aussi chez un nombre grandissant de touristes qui sont à la recherche d’un lieu paisible où, parmi les châteaux, manoirs, abbayes, et fermes, on peut y trouver une vraie France avec ses trésors cachés et un petit patrimoine rural. Des Parisiens qui ne savaient pas au départ où se trouvait le Perche, ont été conquis par la région de maisons de pierre, plus ou moins fortifiées, construites à la fin du 15e ou au début du 16e siècle, à toitures d’ardoises rouges, ses troupeaux de vaches blanches, forêts, cultures d’herbages, rivières, ruisseaux et routes bordées de haies bien taillées ... et y ont acheté et restoré, parmi d’autres intéressés, des fermes et châteaux comme résidences secondaires.

    Certains touristes canadiens s’intéressent particulièrement à cette région étant donné qu’un nombre important d’immigrants du 17e siècle provenait de cette région. Ceux-là ayant été recrutés durant les années 1630-1650 par les missionnaires et les propriétaires d’établissements le long du fleuve St-Laurent, on a estimé qu’une grande majorité des Canadiens français avaient des origines ou liens aux villages du Perche. On a estimé également qu’environ 1 500 000 personnes au Canada auraient une descendance percheronne - un chiffre qui devrait sans doute être plus élévé si on voulait tenir compte aussi du nombre des descendants en Amérique du Nord, y compris notamment en Nouvelle-Angleterre et Louisiane. En parallèle, les chevaux percherons exportés en Amérique ont aussi participé au développement de l’Ouest.

    La Maison de l’émigration française au Canada, située dans le Perche, à Tourouvre, qui a ouvert ses portes en 2006, est un centre d’interprétation, d’exposition et de recherche ouvert au public qui procure accès à des données généalogiques sur l’émigration française qui s’est établie au Canada avant 1760. C’est une initiative qui a reçu l’appui du Gouvernement du Canada, en partenariat avec le Centre national de recherche scientifique (CNRS), l’Université de Caen et le Conseil général de l’Orne. D’autres universités des deux pays font partie aussi du projet sous la direction d’un conseil d’administration scientifique. En juin 2013, les comités France-Canada et organisations Canada-France ont tenue leur congrès bilatéral annuel à Bellême, dans la région du Perche, et la visite muséal à Tourouvre a intégré la visite de la Maison de l’émigration française.

    À l’annonce d’un Congrès à Bellême, à la fois des Canadiens et des Français étaient intrigués et se sont demandé où se trouvait cet endroit... Catherine Briat est une Parisienne qui non seulement connaît la région du Perche et la petite ville, qui est à deux heures de route de Paris, mais qui a aussi habité dans cette petite ville !



La conférencière : Catherine BRIAT.

    Licenciée en Histoire, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (SciencesPo), Catherine Briat est aussi titulaire d’un Diplôme d’études approfondies (D.E.A.) de la Fondation nationale des Sciences politiques. Elle a lancé sa carrière dans de grandes agences de publicité et communications américaines, à Paris et aux États-Unis, à partir des Groupes Young & Rubicam et Omnicom.

    Y&R est un grand groupe de communication international qui existe depuis plus de 90 ans et a son siège à New York. On dit que c’est le groupe de services le plus grand du monde, avec ses 6500 employés, 186 bureaux en 90 pays et cherchant, selon sa mission : to resist the usual for our clients. De son côté, Omnicom est une firme internationale de communication, de marketing et de publicité dont le siège est à New York avec 1500 agences desservant plus de 5000 clients en 100 pays.

    En 1997, Catherine Briat a accepté les fonctions de directrice de la communication à Eutelsat. Cette organisation, The European Telecommunications Satellite Organization, opérationnelle depuis 1983, avait d’abord été fondée en 1977 à titre d’organisation intergouvernementale chargée de développer et d’opérer l’infrastructure des communications par satellite en Europe. Eutelsat a rapidement pris de l’ampleur au-delà de l’Europe occidentale et aujourd’hui ses satellites sont utilisés pour diffuser du contenu partant de 4500 postes de télévision et 1100 postes de radio à 204 millions de foyers par câble ou satellite.

    En 1999, elle est nommée, à Luxembourg, directrice du cabinet du Président du Groupe RTL, à l’origine, Radio-Télévision Luxembourg (d’abord lancé en 1924 comme poste de radio dans une maison privée). RTL est aujourd’hui un des leaders mondiaux en production de contenus. Le groupe a son siège à Luxembourg et gère des canaux de télévision (54) et de radio (29) en 10 pays et est de propriété majoritairement allemande. C’est une entreprise de conception de contenus télévisuels (jeux, spectacles, téléromans) populaires.

    En 2001, Catherine Briat revient en France et participe au lancement de la nouvelle filiale RTL où elle est en charge de la communication et des achats de contenus de RTL Net.

    Elle change de cap en janvier 2002 et crée sa propre entreprise de production et de services sur Internet, dédiée à la santé et à l’environnement. L’entreprise rejoint le CRM Company Group en 2007. Cette dernière compagnie se donne l’objectif d’accompagner les entreprises dans leurs ambitions et stratégies digitales. L’entreprise comprend 120 collaborateurs aujourd’hui qui se consacrent à la conception de stratégies pertinentes, au développement des idées innovatrices et à l’anticipation des évolutions requises aux plans d’affaires à l’ère digitale, pour une clientèle variée.

    En 2009, elle effectue un nouveau changement de cap au moment où elle est nommée directrice de la Communication de Radio France. Puis, en 2011, elle est nommée directrice du département Communication et nouveaux médias, lors de la fondation publique de l’établissement chargée de l’action culturelle extérieure de la France, soit à l’Institut français. Depuis septembre 2013, elle est conseillère culturelle à l’Ambassade de France à Ottawa.

    Sera-t-on étonné d’apprendre qu’en parallèle à ses affectations complexes, elle se fait connaître à titre d’auteures de romans, entre autres, dont le premier, une comédie romantique, SMS Story, publié en 2007, chez Ramsay et qui met en vedette le téléphone cellulaire et ses short message services dans une relation passionnelle ? Son deuxième roman, Le dernier rendez-vous, a été publié en 2010 chez PLON et porte sur l’amour entre personnes âgées de plus de 50 ans et comprend, à chaque page, sous des airs de récits, une réflexion philosophique profonde.


Rédigé par Madame Yvette Le Gal