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PHILIPPE BENSIMON



Des mensonges encadrés.


La conférence.

    Le fait de copier un tableau ou une autre oeuvre d’art fait partie des pratiques d’enseignement et d’apprentissage de longue date. Par le travail de reproduction fidèle d’un tableau des grands maîtres, l’apprenti en art, apprend ainsi la technique de grands maîtres. Delacroix a lui-même produit des copies d’après Rubens. Également, la copie du tableau permettait, à une époque où la photographie n’existait pas encore, de faire connaître, préserver et de diffuser une image d’un souverain ou d’un notable. Ou encore de multiplier l’accès à des oeuvres remarquables. On dit que Napoléon III offrait des copies d’oeuvres anciennes aux régions, soit aux municipalités et paroisses de France. La copie est aussi un amusement ou une preuve de l’habileté du copiste. Certains artistes peintres étaient d’ailleurs flattés que de leur vie leur célébrité invitait la copie.

    La copie exécutée dans un but lucratif ou dans le but de tromper - fausse signature, fausses usures, emploi de matériaux anciens pour tromper, vieillissement artificiel, introduction de marouflages, de boursouflures artificielles, apposition d’inscriptions à l’arrière du tableau, grattage de la première signature, fumigation, ou même l’achèvement d’oeuvres inachevées, ou encore, la fragmentation d’un grand tableau en petits tableaux avec signatures falsifiées, font partie de l’arsenal du faussaire. Certes la production d’une copie, la possession d’une copie ou d’un faux ne sont pas des délits... sauf si le tableau est mis en vente en trompant l’acheteur.

   C’est en connaissance de la question que Philippe Bensimon nous parlera sur le thème des faux en peinture. Son dernier livre Vrai ou faux ?  qui est une réécriture entière d’une publication antérieure prend une odeur de roman policier pour nous informer et sensibiliser sur les faux en art, le marché afférent des faux tableaux et les méthodes utilisées dans les expertises en laboratoire pour contrer les faux sur les marchés internationaux. Un regard sur les différentes lois pertinentes au Canada et en France pourra aussi compléter sa présentation informée.



Le conférencier : Philippe BENSIMON.

    Né à Paris, il a exercé plusieurs métiers avant de s’orienter définitivement vers la criminologie. Parachutiste dans l’armée française, il a travaillé dans des chantiers de construction au Québec pour défrayer les coûts de sa formation de pilote d’hélicoptère. Toutefois, vu qu’il s’agissait là d’un métier saisonnier, il s’est réorienté après quelques années vers la criminologie. Il a alors complété trois différents cycles universitaires, à l’Université de Montréal -  baccalauréat, maîtrise et doctorat en criminologie - tout en occupant des postes dans des Centres fédéral ou régionaux de formation et de réception. Par la suite, il a occupé différents postes auprès des Services correctionnels du Canada et, aujourd’hui, il travaille encore à la Division de la recherche du Ministère de la sécurité publique. Durant ses 25 années en ce ministère, il a aussi occupé, entre autres, des postes de coordonnateur clinique et clinicien directement en milieu pénitencier.

    Sa thèse de doctorat avait porté sur les faux en peinture. En parallèle, il a écrit des livres, rapports et articles scientifiques fréquemment traduits en anglais, espagnol et arabe sur ce même vieux phénomène criminel, dont les suivants : Tableaux maudits (2008), Les faux en peinture (2000), Chronologie historique de la législation française et des mesures prises à l’égard de la contrefaçon en matière d’art (1997), Le problème des faux en peinture (1996), L’expertise des signatures en matière de faux tableaux (1996), Les faux en peinture (en trois parties pour la Revue canadienne en criminologie, de 1993 à1994).

    Il a été invité à prononcer des conférences lors de séminaires et colloques universitaires ou pour des musées en France (Agen, Paris, Bordeaux) et en Suisse (Fribourg) et dans différentes villes et régions canadiennes (Montréal, Québec, Laval, Ottawa, Cornwall, Saskatoon, et à Mission, en Colombie-Britannique), sur un éventail de questions en criminologie, y compris sur les faux en peinture et le trafic des oeuvres d’art. À Ottawa, il a prononcé une importante conférence sur les faux en peinture, pour des spécialistes au Musée des beaux-arts du Canada.

    Il agit à titre de personne-ressource auprès de procureurs, corps policiers, des média et des laboratoires d’expertise criminologique, en matière de pornographie, délinquance sexuelle, meurtres avec armes à feu et faux tableaux. À l’aide de publications dans diverses revues et journaux internationaux, reportages télévisés (Envoyé spécial, Radio Canada, Canal Vie et RDI) et radiodiffusés, il informe des galeries d’art, des musées et des historiens de l’art.

    Auteur de 7 livres et d’une quarantaine d’articles dans diverses revues scientifiques internationales, il enseigne également en criminologie aux Universités de Montréal et d’Ottawa. Son dernier livre, publié en 2012, s’intitule : Vrai ou faux ? (éditions Guérin).dre de ses fonctions à La Cité collégiale, il a aussi été un des membres fondateur de la Fondation de la Cité collégiale. Il y a occupé également le poste de président du Conseil collégial.

Rédigé par Madame Yvette Le Gal