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CLAUDE SWOLFS



Le mobilier français, un aperçu de son évolution.


La conférence.

    À partir de de quelques exemples on verra que les styles des meubles se marient aux exigences des temps et aux conditions de la société - partant notamment des besoins des nobles de se munir de meubles transportables et durables. Le mobilier est influencé par les idéaux sociaux de chacun des rois et des régimes et des conditions de la période. Aujourd’hui, le design du meuble est influencé par des idéaux de silhouettes agréables. Il retient aussi l’idée de portabilité..

    Le design, en français et en anglais, s’associe au travail de la conception. En outre, le terme signifie en français, l’application harmonieuse de critères esthétiques et fonctionnels à la formation d’un produit. C’est donc dire, que le design est alors un impératif précédant la fabrication et la commercialisation. Aussi, le design est-il de la sorte une valeur ajoutée à la conception d’un produit industriel, (par exemple, le mobilier...), de produits graphiques, numériques, sonores, pour la mode et le transport, entre autres.

   Au Moyen Âge, la variété du mobilier, en bois, était plutôt limitée vu que les nobles changeaient souvent de lieu de résidence, transportant alors d’un lieu à l’autre la grande part de leurs sièges, lits, tables et coffres qui devaient donc être facilement démontables. Peu de pièces de mobilier de l’époque romane ont été conservées, vu que le bois se dégrade avec le temps. Le coffre y occupait une grande place, servant au stockage pour le transport et à des fonctions variées, à titre de siège, table, lit, huche à pain (pour le pétrir et plus tard pour le conserver) (12e siècle).

    Le style roman, qui néglige le confort domestique, est supplanté progressivement par le style gothique fortement architecturé (solide, massif et sévère) dans la grande part de l’Europe jusqu’à la toute fin du 15e siècle, exception faite de l’Italie qui est peu influencée par le style gothique. Les surfaces du mobilier gothique sont fréquemment sculptées de feuillages (arbres, persil, chou, cresson...) ou sont des copies d’autres surfaces, par exemple, la fenêtre gothique. Le style de la Renaissance italienne qui suit est caractérisé par ses lourdes sculptures et ses ornements. Il est lui-même rapidement supplanté par le style Henri II. La succession des Bourbons, avec le règne de Henri IV, renouvelle en effet le développement du mobilier en y intégrant l’art à titre de facteur essentiel qui appuiera la dignité et le prestige de l’État (par exemple, des ornements feuillagés et floraux gravés).

    Le style Louis XIII emmène des influences d’ailleurs - espagnoles, flamandes, et italiennes -et se caractérise pas ses lignes droites. Durant la période Louis XIII, la France importe des meubles de luxe de l’étranger, et le goût en France est influencée par les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Espagne. Également, des artisans étrangers s’installent en France et créent des écoles françaises. Des Français se font former aux Pays-Bas et reviennent en France pour travailler pour la Couronne. Le cardinal Mazarin importe des produits italiens et s’entourent de meubles de luxe peu connus en France.

    Le style Louis XIV est triomphal et majestueux. C’est le moment où l’on décore la Galerie des Glaces à Versailles et que Colbert achète la manufacture des Gobelins pour la Couronne et pour assurer la production de meubles pour les différentes maisons royales. Le meuble qui caractérise le mieux le style de ce roi est le fauteuil avec une large assise, des accotoirs et des pieds liés en H ou en X. La commode avec deux ou trois rangs de tiroirs est introduite. Avant la mort du grand monarque, le style Louis XIV commençait déjà à  s’essoufler et l’influence du rococo commençait à naître.

    Le style Régence, celui qui caractérise le règne Louis XV, est d’abord débridé avec des rocailles, le désintérêt de la symétrie et un penchant pour des caprices. Plus tard, il devient plu sage et ses lignes se simplifient, ses courbes se calment. Les idées de l’intimité et du confort se réunissent et deviennent importantes. La grandeur des pièces est plus réduite et les meubles doivent s’y adapter. La ligne est sinueuse, les chaises sont agrémentés de sculptures de fleurettes et feuillages ou coquilles. Le fauteuil, dit bergère. large et profond avec un dossier enveloppant est caractéristique de la période Louis XV. La table se décline en une variété de fonctionalités : chevet, serre-bijoux, tricoteuses, chiffonnières, table de travail... Le marché du meuble est alors inondé par des bois indigènes et exotiques. La découverte de Pompéi, mène à un nouvel enthousiasme pour l’antique qui s’installe (1755-60), et un nouveau idéal néo-classique commence à s’installer et se poursuit progressivement sous Louis XVI.

    Sous Louis XVI, les courbes circulaires ou elliptiques supplantent les courbes rococo, qui étaient sinueuses. Le style Louis XVI est tributaire des goûts anciens encore une fois. Sous Louis XVI également, les qualités techniques se développent et demeurent - on imite l’Antiquité mais cette revisite se préoccupe du confort et de la convenance. C’est un style simple, raffiné, élégant mais contenu et précis et fin dans ses détails d’exécution. Cette période fait connaître de célèbres ébénistes, dont plusieurs allemands qui cherchent faveur auprès de Marie-Antoinette. C’est le moment où la France excelle dans la création de systèmes de verrouillages complexes et des meubles à taille réduite qui combinent différentes fonctions (ouvrage, écriture, lecture) et différents matériaux (mosaïque, marbre, laque, marqueterie, porcelaine de Sèvres...).

    La Révolution ne changera pas la tradition classique de Louis XVI mais ses emblèmes envahiront le mobilier tout comme les textiles et le décor mural. Cependant, la Révolution supprime les corporations de métiers en 1791. Un déclin des arts du luxe et de la production de mobilier français, commencera s’installer, exception faite des meubles de prestige...


Le conférencier : Claude SWOLFS.

    Claude Swolfs a été professeur à La Cité collégiale d’Ottawa durant une quinzaine d’années et auparavant, à partir de 1987, il avait enseigné au Collège Algonquin où il avait coordonné le développement du programme de Design d’intérieurs. Après avoir pris sa retraite, il revient à La Cité collégiale pour y enseigner des sujets qu’il affectionne particulièrement depuis déjà une dizaine d’années : l’histoire de l’art, du mobilier et de l’architecture.

    Né à Bruxelles, en Belgique, avant la Deuxième guerre mondiale, à un moment où étaient déjà apparus les premiers meubles contemporains, si nouveau de fait (entre 1918 et 1930) que le public en avait été choqué, il s’était intéressé très tôt à l’art. Il avait de fait signé officiellement son tout premier tableau peint à l’aquarelle à l’âge de 12 ans.

    En Belgique, il avait poursuivi une carrière professionnelle en design et décoration intérieure. Il avait oeuvré ainsi dans des domaines où les arts visuels avaient une importance capitale

    En 1963, il vient s’établir au Canada et fonde la Compagnie Claude Design. En parallèle à son travail, il continue de produire des tableaux et plusieurs murales. Au moment de sa retraite (partielle) de l’enseignement, son travail d’artiste peintre a pris plus d’ampleur, lui permettant dès lors de faire des expositions solo de ses oeuvres. Ses oeuvres récentes comprennent des peintures à l’huile, produites soit au couteau à palette ou au pinceau, à l’acrylique, à l’aquarelle, au pastel et à l’encre. Ses oeuvres récentes sont fréquemment le résultat de ses voyages au Canada et à l’étranger.

    Veuf depuis 2012, il continue d'habiter à Kemptville, en Ontario, entouré de sa famille et d’une communauté qui encourage le travail d’artistes. Il a beaucoup contribué à sa communauté et à la francohonie de sa région dans le cadre du mouvement des caisses populaires où il a occupé le poste d’administrateur durant 18 ans. Membre du Club Richelieu depuis plus de 32 ans, il y a occupé au fil des ans un poste de vice-présidence internationale. Dans le cadre de ses fonctions à La Cité collégiale, il a aussi été un des membres fondateur de la Fondation de la Cité collégiale. Il y a occupé également le poste de président du Conseil collégial.

Rédigé par Madame Yvette Le Gal