TOBY GELFAND

La conférence : Xavier Bichat et ses recherches physiologiques

Bichat
    Parmi les 72 noms de savants qui sont inscrits sur la Tour Eiffel se trouve celui de Marie François Xavier Bichat, né dans le Jura en 1771. Dans une lettre à Napoléon Ier, Corvisart, avait dit à son sujet : « Personne en si peu de temps n’a fait autant de choses et si bien ». L’oeuvre de Bichat est considéré comme « une pierre angulaire puissante parmi celles qui ont permis d’édifier la médecine moderne » (Henri Mondor). De son côté, Gustave Flaubert avait observé que « la grande école de médecine française est sortie du tablier de Bichat ».
 
    À l’âge de 29 ans Xavier Bichat est nommé médecin à l’Hôtel-Dieu, à Paris. À sa mort à l’âge de 30 ans, il laisse de grands ouvrages fondés sur d’immenses recherches anatomiques, partant de l’observation. L’admiration des biologistes, pour ce créateur de l’anatomie générale et l’auteur du Traité des membranes en général (1799) et des Recherches physiologiques sur la vie et la mort, persiste de nos jours. Bichat, durant sa courte et brillante existence avait mis de l’ordre dans l’inventaire confus de notions accumulées sur la forme des organes. Il montre que le corps se compose de tissus simples. C’est bien lui qui fonde l’histologie ou science des tissus. Grâce à ce fondateur de l’histologie et ce créateur de l’anatomie générale, le fonctionnement de l’être devient plus intelligible. Avec sa loupe, il avait identifié des tissus partant de l’observation, notamment de 600 cadavres en 6 mois et encourage dès lors les médecins à autopsier les corps pour étudier les effets des maladies sur les tissus. Il rejette l’idée que les désordres dans le corps humain résultent des déséquilibres dans les relations entre fluides. Pour lui, la vie n’est pas un collection subtile de fluides mais plutôt le résultat des combinaisons de la vitalité et des fonctions vitales des différents tissus du corps.

Le conférencier :

    Toby GELFAND  : Historien, il a été professeur d’histoire et d’histoire de la médecine à la Faculté de médecine et au Département d’histoire, de l’Université d’Ottawa de 1977 à 2012. Né à Philadelphie, il a complété un Baccalauréat en Sciences biologiques, au Ursinus College en Pennsylvanie et après avoir bifurqué de ses études médicales vers l’histoire et la philosophie de la science, il a complété un doctorat en histoire de la médecine à la John Hopkins University, de Baltimore, au Maryland. Sa thèse avait porté sur les progrès de la science médicale à Paris au cours du 18e siècle. La Société royale du Canada lui a décerné la médaille Jason A. Hannah pour son livre : Professionalizing Modern Medecine: Paris surgeons, medical science and Institutions in the 18th Century, qui avait découlé de sa thèse de doctorat.
 
    Avant son arrivée à l’Université d’Ottawa, il a enseigné aux États-Unis, à l’Université du Minnesota et à l’Université Princeton.
 
    Reconnu pour son oeuvre critique sur Jean-Marie Charcot, un savant charismatique français qui est considéré l’inventeur de la neurologie moderne et qui a été rendu célèbre (y compris un de ses élèves nommé Freud) par son étude de l’hystérie et de la pratique de l’hynose, T. Gelfand a aussi écrit des articles sur Pasteur et le traitement contre la rage, sur Lourdes et la foi qui guérit et sur la difficulté de s’établir en médecine à Paris. Il a contribué au Dictionary of Medical Biography (2007) relativement à la section française de la publication.
 
    Ses champs de recherche ont compris l’histoire de l’enseignement médical, la professionalisation dans le domaine, les origines de la psychothérapie, l’histoire culturelle de la maladie et les juifs et la médecine. Une quarantaine de ses articles ont fait partie de revues ou de livres, souvent rédigés en langue française, sur l’histoire de la médecine aux 18e et 19e siècles en France et en Amérique.
 
    Grand sportif, il est amateur de théâtre shakespearien. Il aime vivre à Paris et voyager en France. De fait, durant 30 ans, il a mené des recherches à Paris et en d’autres centres d’archives en France. Le yoga, la musique de Georges Brassens et la lecture des romans Simenon font partie de ses activités de détente.


Rédigé par Madame Yvette Le Gal