MURALEE MURUGESU

 La conférence : la chimie

∘ Depuis les années 1990, on tend à opposer la chimie à la nature, à la considérer comme une bête noire, responsable du négatif. De fait, elle est partout dans la vie de tous les jours. La compréhension de la nature doit beaucoup à la connaissance de la chimie. Sans chimie, il n’y aurait pas de téléphone, ordinateur, cinéma, aspirine, savon, shampooing, dentifrice, papier, journaux, livres, peintures... pas de transformation de la matière.
 
∘ En 2007, l’Union internationale de la chimie pure et appliquée (IUPAC) a proposé qu’il y ait une année internationale de la chimie. C’est l’Éthiopie, siège de la Fédération africaine des associations de chimie qui a adressé la résolution à ce sujet aux Nations Unies, forte de l’appui de 23 autres pays à travers le monde. Selon la résolution : « La chimie est essentielle à notre compréhension du monde et du cosmos. De plus les transformations moléculaires sont au coeur de la production de nourriture, de médicaments, de carburant et d’innombrables produits manufacturés et d’extraction. Tout au long de l’Année internationale de la chimie, le monde entier célébrera cette science et ses apports essentiels à la connaissance », à l’amélioration de la santé, à la protection de l’environnement et au développement économique.
 
∘ La résolution a abouti en 2008 à l’Assemblée générale de l’ONU et l’année 2011 a été proclamée, Année internationale de la chimie. Cette année particulière a été choisie compte tenu qu’elle marque à la fois le centième anniversaire de la fondation de l’IUPAC (anciennement l’Association internationale des Sociétés Chimiques) et de l’attribution du prix Nobel de chimie à Marie Sklodowska Curie pour ses travaux sur le polonium et le radium. Sous le haut patronage du président de la République française et du Président de la Pologne, une célébration conjointe franco-polonaise fait en ce moment partie des manifestations organisées dans le monde entier.
 
∘ Les Nations Unies ont chargé l’UNESCO et l’IUPAC d’organiser l’événement. L’Année a été lancée à Paris en janvier 2011 en présence, entre autres, de la petite fille de Pierre et Marie Curie, Hélène Langevin-Joliot, directeur de recherche en physique nucléaire fondamentale du Centre national de la recherche scientifique (France) et sera clôturée à Bruxelles le 1er décembre 2011.
 
∘ La mission de l’année face au grand public est de faire comprendre, apprécier et promouvoir le rôle central de la chimie dans les sciences, l’industrie et la vie de tous les jours, et par la même occasion, de susciter l’intérêt des jeunes dans les disciplines scientifiques et de célébrer également la contribution des femmes, dans le cadre du 100e anniversaire du Prix Nobel décerné à Mme Curie.
 
∘ Pour célébrer l’art et la science de la chimie, l’année internationale de la chimie (AIC2011) invite à franchir les portes des laboratoires, à échanger avec les chercheurs, à effectuer des expériences, à visiter des expositions, à participer à des symposiums, à aller au théâtre et à se lancer dans la cuisine moléculaire... y compris, à participer à des conférences à Ottawa (!) ....tout pour nous encourager à aller à la rencontre de la chimie , ses applications et de mieux comprendre et apprécier le travail concret des vies professionnelles des scientifiques.
 
Le conférencier

∘ Muralee Murugesu est professeur à l’Université d’Ottawa, au département de chimie. Il est né au Sri Lanka et a grandi et complété ses études à Paris. Suivant ses études en chimie à l’Université Paris 7 Jussieu, où il a complété un Diplôme d’Étude universitaire général, science de la matière, puis une Licence de Chimie physique, il a poursuivi ses études au Royaume-Uni, où il complété une maîtrise en chimie inorganique à la University of East Anglia, Norwich. À l’Université de Karlsruhe, à Karlsruhe, en Allemagne, il a mené ses études doctorales en chimie inorganique et science naturelle, sa thèse portant le titre Hierarchical zero to three-dimensional magnetic materials composed of Cu and Fe coordination compounds.
∘ M. Murugesu a obtenu sa première affectation post-doctorale à titre de chercheur associé du professeur George Christou à l’Université de Floride, à Gainesville (FL). Il y a conçu et développé des applications en vue de la mise au point de matériaux magnétiques en informatique quantique. Sa seconde affectation postdoctorale, qui a été menée conjointement à l’Université de Californie, à Berkeley (CA) et à l’Université de la Californie, à San Francisco (CA), lui a permis de collaborer à des recherches en laboratoire visant la mise au point de méthodes innovatrices dans la détection de maladies humaines (encéphalite et Creutzfeldt-Jakob).

∘ Depuis 2006, il est professeur à l’Université d’Ottawa et est responsable d’une équipe de chercheurs s’intéressant aux propriétés magnétiques des nanomatériaux. Ces recherches ont pour but de permettre la conception de technologies électroniques plus rapides et à capacités plus grande en matière de stockage de données. Détenteurs de plusieurs bourses d’études, en France et au Royaume-Uni, au cours de ses études, il a par la suite reçu des fonds de recherches de la province de l’Ontario, de la Fondation canadienne pour l’innovation, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, entre autres.

∘ En 2007, le Fonds France-Canada pour la Recherche (FFCR) a retenu son projet Synthesis and Magnetic Study of Inorganic Nanomagnetic Materials. Ce Fonds a été créé en 2000 par le moyen d’une entente entre un consortium de 16 universités canadiennes et l’Ambassade de France au Canada en vue d’encourager les échanges entre les scientifiques des deux pays, de soutenir des projets de recherche innovants et de sélectionner par l’entremise d’évaluations bilatérales des projets d’excellence. Se joint aux objectifs du FFCR, l’ambition de promouvoir la participation de jeunes chercheurs dans les équipes de recherche des projets sélectionnés.

Nouveaux matériaux magnétiques moléculaires dans les applications technologiques modernes