DÉJEUNER-CONFÉRENCE
LE DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 2011, à 11 h
30
La Société des Amis Canada-France a le plaisir de relancer sa série de
déjeuners-conférences pour l’année 2011-2012 en vous proposant une analyse de
l’aliénation volontaire axée sur la philosophie morale d’Emmanuel Kant qui se
référera à un exemple contemporain concret. Le conférencier invité :
JOËL MADORE
La conférence
* Emmanuel Kant,
philosophe né en Prusse-Orientale, à Königsberg (Kalinigrad, aujourd’hui), en
1724, a exercé une grande influence sur la majeure partie de la philosophie
continentale. Interprété successivement et diversement, ce penseur a fait
l’objet de nouveaux retours depuis le remodelage de l’Europe à la fin des années
1980. Devenu dès lors un facteur essentiel de la politique philosophique, il est
rare que l’on ne tienne pas compte du point de vue de Kant dans les
dissertations littéraires et la vie sociale en France. Un retour aux propres
écrits du philosophe est requis toutefois afin de pouvoir faire abstraction des
différents courants d’interprétations.
* Grand philosophe, cet homme de petite
taille, à peine haut de 5 pieds, donne un enseignement universitaire et devient
recteur de l’Université de Königsberg en 1786. Ses cours tout comme ses
publications sont très diversifiés (mathématiques, physique, morale,
pyrotechnie...). Sa vie de célibataire est au contraire marquée de régularité :
on peut régler sa journée selon ses promenades, ses heures de cours et ses
autres déplacements quotidiens, tout son emploi du temps étant prévu selon une
heure fixe. Il ne quitte jamais sa région natale et y meurt en 1804, à l’âge de
79 ans.
* Pour Kant, la loi morale découverte par la raison
pure pratique s’impose comme impératif (comme un devoir) à la conscience. Il
suffit que chacun fasse librement son devoir par l’accomplissement tranquille de
ce devoir pour que la violence et l’injustice se tarissent. Le mensonge est
ainsi catégoriquement interdit. Si on pense que le mensonge peut se justifier et
que tout le monde se met à mentir, on en vient à ne croire personne et le
menteur n’atteint pas ses fins. C’est un principe qui se sape lui-même, selon
une des interprétations kantiennes.
* Selon Joël Madore, « le naguère glorieux Tour de
France a été réduit, au fil des dernières années à un honteux défilé de
champions déchus. Chaque année nous amène son lot d’accusés, chaque année
(ceux-là) pleurent leur innocence et chaque année, ils sont trouvés coupables.
Ce qui reste déconcertant n’est ni l’acte de tricher en soi, ni même le nombre
de délinquants... C’est la réaction de (ceux-là) - leur défense, leur
justification et, finalement, leurs aveux - ce qui en dit long sur la nature du
mal. Elle raconte un silence hypocrite et un mensonge en soi assez convaincant
pour nous persuader de leur intégrité et assez puissant... pour se convaincre
eux-mêmes ». La conférence de Joël Madore cherchera à enquêter sur ce phénomène
d’aliénation volontaire à partir de la philosophie morale d’Emmanuel
Kant.
Le
conférencier
* Diplômé de l’Université d’Ottawa en
science politique et économie, d’où il a obtenu un B.A. et une maîtrise, il est
aujourd’huit post-doctorant en philosophie de l’Université d’Essex (du
Royaume-Uni), où il a assumé des tâches d’enseignement et de recherche. Il est
professeur de philosophie au Collège dominicain à Ottawa et est membre de la
Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. Il est aussi membre de
l’équipe de l’Alliance de la recherche universités- communautés. L’Alliance a
pour objectif d’étudier, comparer et formaliser les savoirs pratiques de la
gouvernance communautaire en milieu minoritaire, pour mettre en vedette des
stratégies d’action concrètes et contribuer à la diffusion de connaissances sur
la gouvernance communautaire.
* Parmi ses publications, les titres de ses
conférences et ses domaines de recherche, on retient qu’il s’intéresse à la
philosophie politique, à la philosophie continentale et à l’idéalisme allemand,
entre autres. En parallèle, il s’intéresse à l’engagement et à l’identité en
milieu minoritaire. Le titre de sa conférence :
L’art de (se) tromper : Kant au Tour de France
dopage et mensonge à soi